

Dans les livres, le héros ne
terminait jamais seul. Il trouvait, à chaque fin, sa moitié, la
personne qu'il aimait. Finalement, il n'était jamais seul. Mais la
vie n'était pas un livre. Ou alors ma propre histoire était la pire
jamais écrite. Vie de merde.
« Bon Vicky tu descends, le
déjeuner est prêt!
- Ouais ouais,
j'arrive... »

On pouvait même plus lire
tranquillement un bouquin où TOUT se terminaitbien, il fallait que
quelqu'un vienne nous pourrir la vie.
Je descendis alors ces satanées
marches, pour m'asseoir vite fait prendre le petit dej.
« C'est quoi cette tête ma
puce? T'es encore en colère c'est ça? »
Si elle arrivait vraiment à lire ma
tête, elle verrait qu'il y aurait écrit fous moi la paix. Mais elle
avait pas dû comprendre.
« Je suis vraiment désolée pour
te cours de peinture, mais on avait plus le choix. Je gagne à peine
de quoi nous faire vivre dans cette maison, et les cours nous
revenaient trop cher, il n'y avait pas d'autre moyen que d'arrêter.
Je sais à quel point tu aimes ça, mais il y avait pas d'autre
solution. »
Ouais, ça elle aurait du me le dire
hier, avant que je me tape la honte en cours devant tout le monde,
quand la prof m'avait dit mot pour mot: « Vicky, tes cours ne
sont plus payés, tu ne peux plus venir ici. Reviens quand tu
pourras donner assez d'argent. ». J'avais cru me liquéfier sur
place. Et tous les autres qui me regardaient genre: pauvre fille.
Mais ouais, au fond, c'est ce que j'étais. Une pauvre fille sans
fric, contrairement à tous les bourges du cours qui claquaient leur
fric dans un sac Channel. Il me faudrait au moins 10 vies pour
pouvoir m'en payer un pareil.